L’« herméneutique de la continuité » officielle de Mgr Fellay

Tłumaczenie artykułu „Oficjalna „hermeneutyka ciągłości” bp Fellaya” na język francuski.

I. L’« herméneutique de la continuité » de Benoît XVI

La soi-disant « herméneutique de la continuité » est une méthode d’interprétation du Concile Vatican II en accord avec la Tradition inventée par Benoît XVI. En fait, c’est une méthode dialectique, fondée sur la philosophie hégélienne de l’être selon laquelle toutes les contradictions (la thèse et l’antithèse) peuvent trouver une solution de leur contradiction, non seulement apparente, mais même réelle, dans le moment final, c’est-à-dire dans la synthèse qui concilie, règle, unit ces contradictions. Et donc, en bref, cette philosophie reconnaît trois moments de l’être : la thèse, l’antithèse et la synthèse. Tout être, tout ce qui est, tous les changements dans la réalité sont explicables par la dialectique et grâce à elle trouvent leur raison, leur ratio.

Dans le cas de l’« herméneutique de la continuité » de Benoît XVI nous avons affaire à l’application de cette philosophie à la théologie. Un procédé en principe compréhensible, la théologie s’appuyait toujours sur les efforts rationnels de l’homme qui lui permettaient de systématiser la Révélation divine pour exposer les vérités de la sainte foi d’une manière plus adapté à la connaissance discursive de l’homme. Philosophia ancilla theologiae, „la philosophie est une servante de la théologie”, disaient les maîtres de théologie et de philosophie de jadis. Toutefois, dans ce cas-ci c’est la philosophie panthéiste de Georg W. F. Hegel, qui rejette le principe fondamental de non-contradiction, qui trouve son application à la théologie. Or, c’est l’unique manière de concilier et montrer la cohérence des choses qui sont par essence irréconciliables.

Pope Benedict XVI thinkingAlors, la dialectique de la continuité de Benoît XVI se présente ainsi :

La thèse : l’Église catholique préconciliaire, la Tradition apostolique transmise de génération en génération, les foules innombrables des saints, la Sainte Messe et les autres sacrements remontant dans leur forme aux premiers siècles de la chrétienté, le pouvoir monarchique du Pontife Suprême, une relation étroite entre l’Église et l’État, tout simplement la Tradition…

L’antithèse : l’Église conciliaire, le modernisme, l’œcuménisme, la liberté religieuse, la collégialité, les nouveaux sacrements (tous !), la redéfinition de tous les termes traditionnels, tout simplement la Révolution…

La synthèse : la « réforme de la réforme », c’est-à-dire la compréhension de l’antithèse à la lumière de la thèse, l’antithèse dans son essence n’est et ne peut pas être en contradiction avec la thèse parce que nous avons affaire, dans les deux cas, au Magistère de l’Église, i.e. la voix des pasteurs de l’Église aidés par l’assistance du Saint-Esprit.

En principe c’est simple. Quoiqu’il y existent certaines difficultés dans l’aperception de cette réalité, l’empêchement principal et le plus commun est la fausse, c’est-à-dire aveugle, obéissance. Tout ce que disent les pasteurs de l’Église, surtout le Pape, détient les marques de l’infaillibilité. Toutefois, à regarder objectivement le contenu de l’ancien enseignement officiel de l’Église et du nouveau, les contradictions sautent aux yeux. Il suffit de comparer Quanta cura, Syllabus errorum, ou Pascendi aux textes conciliaires et leur interprétation officielle des dernières décades postconciliaires.

II. L’« herméneutique de la continuité » officielle de Mgr Fellay

Il en va de même avec la nouvelle « herméneutique de la continuité » de Mgr Bernard Fellay, le Supérieur Général de la FSSPX. Sa bp fellay3dialectique de la continuité se présente ainsi :

La thèse : Monseigneur Lefebvre : Quelques réflexions à propos de la suspens a divinis, la conférence du 8 VI 1978, le Fideliter no 66 (1988), le Chapitre Général de 2006 : pas d’accord pratique sans accord doctrinal

L’antithèse : le Cor unum du mars 2012, la lettre du Conseil Général de la FSSPX aux trois évêques de la Fraternité, la Déclaration doctrinale de Mgr Fellay du 15 IV 2012, le Chapitre Général de 2012 qui détermine les conditions d’un accord pratique sans la conversion préalable de Rome vers la vraie religion…

La synthèse : la Lettre aux Amis et Bienfaiteurs n° 80 qui exprime la fidélité à la Tradition et à l’héritage de Mgr Lefebvre par des citations magnifiques, surtout la fameuse Declaration de 1974 (de la même manière, d’ailleurs, commence la Déclaration de Pélage du 19 III 2012). Les inattentifs voient dans cette lettre une allusion au Pape Buongiorno et une douce critique de son humanisme séculier.

En principe c’est simple, mais est-ce vraiment ? Or, sans se prononcer d’une manière univoque contre l’accord pratique avec la Rome moderniste voulu par les autorités de la FSSPX, cette lettre suppose que la fidélité à la Tradition et à Monseigneur (Lefebvre) est en principe cohérente avec l’accord pratique. Aucunement ne rejetant pas l’antithèse, implicitement elle la réconcilie avec la thèse. En outre, si quelqu’un ait encore des doutes, et ceux-ci peuvent encore avoir lieu, par rapport à cette « herméneutique de la continuité », nous avons, dans la personne de l’interprète authentique, officiel de Menzingen sa confirmation. Or, l’abbé Lorans, responsable de la communication mondiale de la FSSPX (DICI) et un des fondateurs du GREC, considère que cette lettre va jusqu’à reformuler les paroles de la première « homélie » du Pape du 14 mars, qu’elle « est de concert avec l’Église » (National Catholic Register, 29 IV 2013)… conciliaire, bien entendu.

Et quand nous apprenons qu’en écrivant le 15 avril aux « amis et bienfaiteurs » le Supérieur Général défend la thèse, et en même temps dans le Cor unum d’avril aux membres de la FSSPX ce même Supérieur Général ne rejette absolument pas l’antithèse, mais la fonde et la justifie, nous pouvons être certains qu’il ne s’agit ici que d’une nouvelle herméneutique de la continuité de Mgr Fellay.

Pelagius Asturiensi

À l’occasion, je conseille le texte de l’abbé Ortiz, FSSPX sur na nouvelle hermeneutique de Mgr Fellay. Il a déjà plusieurs mois, mais devant les faits il est toujours d’actualité.

Cet article est paru d’abord en polonais sur ce même blog ici. Puis, en français, sur le forum Un évêque s’est levé.

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